L'ARCE, aide à la reprise ou à la création d'entreprise, convertit les droits au chômage restants en un capital versé en deux fois par France Travail. Son montant atteint 60 % du reliquat de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, moins 3 % de retraite complémentaire. En franchise, ce capital s'oppose au maintien mensuel de l'allocation.
ARCE ou allocation : un capital ou un revenu mensuel
- L'ARCE suppose d'avoir obtenu l'ACRE, d'être inscrit comme demandeur d'emploi et de percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi.
- Le premier versement intervient au démarrage de l'activité, le second six mois après, si l'activité non salariée de l'entreprise créée se poursuit.
- Le maintien de l'allocation apporte un revenu mensuel et valide des trimestres de retraite ; l'ARCE apporte un capital immédiat, mobilisable pour financer une entrée en franchise.
Ce que l'ARCE change pour un candidat à la franchise
L'ARCE est une modalité de versement des droits au chômage, pas une aide supplémentaire. France Travail ne crée aucun droit nouveau : l'organisme transforme une partie de ce qui restait à verser mensuellement en une somme unique, mobilisable au démarrage. Le dispositif s'adresse aux personnes qui créent ou qui reprennent une entreprise, quel que soit le secteur, et rien n'exclut une entrée en réseau de franchise.
Cette mécanique répond à un problème précis du franchisé. Une entrée en franchise concentre les décaissements sur les premières semaines : droit d'entrée, formation initiale, aménagement du local, stock de départ, dépôt de garantie. Or l'allocation d'aide au retour à l'emploi, elle, tombe mois par mois. Le capital de l'ARCE arrive donc au moment où le plan de financement en a le plus besoin, et il compte comme apport personnel aux yeux d'un banquier, ce qui change la conversation sur l'offre de prêt. Le dispositif favorise donc les projets dont les dépenses se concentrent sur les premières semaines d'activité. Pour boucler le financement, la fiche sur le montage financier d'une entrée en réseau détaille les autres briques mobilisables à ce stade.
L'envers est symétrique : ce que le créateur touche en capital, il ne le touchera plus en allocation mensuelle. Le franchisé qui choisit l'ARCE accepte de vivre sur sa trésorerie personnelle et sur la rémunération que son activité dégagera. Cet arbitrage se pose avant la signature du contrat, pas après, parce qu'il détermine le montant que le candidat peut annoncer comme apport dans son dossier bancaire.
Comment obtenir l'ARCE ?
Trois conditions se cumulent, et aucune n'est facultative. La première est d'être inscrit comme demandeur d'emploi et titulaire d'un droit à l'ARE, ouvert ou en cours de versement. La deuxième est d'avoir obtenu l'ACRE, cette exonération partielle de charges sociales accordée au créateur pour sa première année d'activité. La troisième est de créer ou de reprendre effectivement une entreprise, la demande d'ARCE n'ayant pas d'objet avant que l'entreprise existe.
La demande se dépose auprès de France Travail, l'ancien Pôle emploi, après l'immatriculation. Le conseiller vérifie l'attribution de l'ACRE, la date de création de l'entreprise et la réalité du projet. Sur le site de France Travail, l'espace personnel du demandeur d'emploi porte le formulaire de demande d'ARCE et suit le dossier jusqu'au premier versement. L'accompagnement proposé en agence n'est pas un passage obligé, mais un conseiller qui connaît le dossier depuis l'origine traite plus vite une demande où la franchise apparaît clairement.
Une précision de calendrier compte pour un franchisé : le contrat de franchise se signe souvent plusieurs semaines avant l'ouverture, et l'entreprise se crée parfois dans cet intervalle. C'est la date de création de la structure, et non celle de la signature du contrat, qui sert de référence à la demande. Autant lancer les démarches d'ACRE auprès de l'Urssaf dans la foulée de l'immatriculation de l'entreprise, son délai étant bref pour un micro entrepreneur.
Les justificatifs à réunir
- l'extrait d'immatriculation de l'entreprise créée ou reprise ;
- la notification d'attribution de l'ACRE, ou la preuve de la demande adressée à l'Urssaf ;
- les statuts de l'entreprise créée, qui font apparaître la fonction du dirigeant et le capital souscrit ;
- le contrat de franchise, utile pour établir la nature de l'activité et le calendrier d'ouverture ;
- tout justificatif d'activité pour le second versement, six mois plus tard.
Quel est le montant de l'ARCE et comment se calcule-t-il ?
Le calcul part du reliquat des droits, c'est à dire du nombre de jours d'allocation restant à verser au jour de la création, multiplié par le montant journalier notifié. Le taux retenu est de 60 % de ce reliquat, dont on retire une déduction de 3 % destinée au financement de la retraite complémentaire. Deux personnes qui ouvrent la même franchise le même jour peuvent donc percevoir des montants très différents : tout dépend de l'ancienneté de leur droit et du salaire qui a servi de base à l'indemnisation.
La leçon est qu'un créateur ne devrait jamais bâtir son plan de financement sur une estimation de coin de table. Le montant journalier et le nombre de jours restants figurent sur la notification publiée par France Travail dans l'espace personnel ; ce sont les seuls chiffres à reporter dans le prévisionnel présenté à la banque. Un reliquat entamé plusieurs mois pendant la recherche de réseau a fondu d'autant, et le capital obtenu suit.
Le versement se fait en deux parties égales. La première moitié intervient au démarrage de l'activité, une fois le dossier complet. La seconde intervient six mois après cette date, et c'est là que se situent les conditions les plus souvent découvertes trop tard. Un candidat qui ouvre son point de vente en fin d'année a donc son second versement au printemps suivant, dans une période où la trésorerie d'un jeune commerce reste fragile.
Le second versement, six mois après le démarrage
Le solde n'est pas automatique. Il suppose que l'activité non salariée soit toujours exercée à la date anniversaire des six mois, et que le bénéficiaire n'occupe pas un emploi en contrat de travail à durée indéterminée à temps plein. Un franchisé qui reprendrait un CDI à temps plein en parallèle, ou qui cesserait son activité avant ce terme, perd la seconde partie du capital. Un CDI à temps partiel, en revanche, ne ferme pas la porte.
Cette condition mérite d'être lue à la lumière du rythme d'un réseau. Les premiers mois d'exploitation sont ceux où un franchisé mesure l'écart entre la promesse commerciale et son propre chiffre d'affaires. Renoncer trop vite, avant six mois, a un coût qui dépasse la perte du fonds de commerce : il supprime aussi un versement attendu. Le conseiller France Travail demande à cette étape un justificatif d'activité, souvent un document comptable ou une attestation de l'Urssaf.
Il existe un cas particulier régulièrement rencontré en franchise de services : celui du créateur qui exerce d'abord en parallèle d'un temps partiel, puis bascule à plein temps sur son activité. Tant que l'activité non salariée demeure et que l'emploi salarié n'est pas un CDI à temps plein, le second versement reste dû. La règle porte sur la nature du contrat de travail, pas sur le revenu qu'il procure.
ARCE ou maintien de l'ARE, deux logiques de financement
Le maintien de l'allocation est l'autre voie ouverte au créateur. Le demandeur d'emploi qui crée son entreprise et déclare ses revenus mensuels conserve une allocation partielle, réduite en fonction de ce que l'activité lui rapporte. Depuis le 1er avril 2025, ce cumul est toutefois limité à 60 % des droits restants à la date de création. Cette solution favorise les projets qui montent lentement en charge, typiquement une franchise de services à domicile lancée sans local.
| Critère | ARCE | Maintien de l'ARE |
|---|---|---|
| Forme | Capital, deux versements | Allocation mensuelle réduite |
| Part des droits mobilisée | 60 % du reliquat, moins 3 % | 60 % des droits restants, au fil des mois |
| Effet sur l'apport bancaire | Renforce l'apport personnel | Neutre sur l'apport |
| Trimestres de retraite | Non validés par l'aide | Validés pendant l'indemnisation |
| Projet adapté | Investissement lourd au démarrage | Montée en charge progressive |
Aucune des deux options n'est meilleure en soi. Les candidats qui reprennent un point de vente existant, avec un stock et des murs à financer, choisissent presque toujours le capital ; ceux qui créent une activité sans local mesurent souvent que le cumul mensuel leur laisse plus de marge. Le choix est en principe définitif pour le droit en cours, ce qui justifie d'en parler à son conseiller avant la création plutôt qu'après.
Le cas du franchisé qui garde une activité salariée
Beaucoup de créateurs ne quittent pas leur emploi d'un jour à l'autre. Un congé pour création d'entreprise, une rupture conventionnelle suivie d'une inscription, un temps partiel conservé pendant la première année : ces situations se rencontrent dans tous les réseaux. Elles ne suppriment pas l'accès au dispositif, mais elles déplacent le calcul, puisque l'allocation partielle dépend du revenu déclaré chaque mois. Le franchisé qui garde une activité salariée doit surtout vérifier la nature de son contrat à l'approche des six mois.
Placer l'ARCE dans le plan de financement d'une franchise
Un banquier ne regarde pas l'ARCE comme une subvention, mais comme une ressource dont la date d'arrivée est connue. Là réside ce qui la rend utile : elle sécurise la partie la plus incertaine du plan, celle des fonds propres. L'usage courant consiste à affecter le premier versement aux dépenses exigées par le réseau à la signature, dont le droit d'entrée réclamé par le franchiseur, puis à réserver le second au besoin en fonds de roulement des premiers mois.
Trois précautions reviennent dans les dossiers qui passent :
- ne pas présenter l'ARCE comme un revenu, mais comme un apport en compte courant ou une souscription au capital de la société ;
- faire coïncider la date prévisible du premier versement avec l'échéancier des décaissements du réseau, formation initiale comprise ;
- garder une réserve personnelle pour la période qui précède le premier versement, car la demande n'est traitée qu'après l'immatriculation de l'entreprise.
Le business plan gagne à mentionner explicitement ce calendrier. Un prévisionnel qui fait apparaître les deux versements aux bons mois montre au financeur que le créateur a compris la mécanique du dispositif ; un prévisionnel qui empile les aides sans les dater produit l'effet inverse. Le statut retenu pour l'entreprise a lui aussi son importance, car il conditionne la protection sociale du dirigeant et le traitement de sa rémunération : le choix entre les formes SASU, SAS, EURL ou SARL se prépare en amont, et notre guide du statut juridique du franchisé pose les termes de cette décision.
Un calendrier de versements à poser noir sur blanc
Le formulaire de demande se remplit dans l'espace personnel, sur le site de France Travail, une fois l'entreprise immatriculée. La première moitié du capital est versée après instruction de la demande, ce qui laisse un intervalle à couvrir : c'est dans ce cadre que la réserve personnelle du franchisé pèse autant que l'offre bancaire. Le second versement se prépare dès ce moment, puisqu'il faudra produire un justificatif d'activité à l'échéance des six mois. Pour en bénéficier, le franchisé doit encore exercer son activité non salariée à cette date.
Un porteur de projet peut également négocier avec son franchiseur l'étalement de certaines dépenses de démarrage, pour les faire coïncider avec l'arrivée des fonds. Tous les réseaux ne l'acceptent pas, mais poser la question ne coûte rien : elle montre que le candidat pilote la trésorerie de son entreprise. Ceux qui créent une activité de services, sans local ni stock, ont moins besoin de cet aménagement et retiennent plus souvent le maintien de l'allocation pendant la montée en charge de leur nouvelle activité professionnelle.
Création ou reprise, l'aide couvre les deux cas
Le dispositif ne distingue pas le créateur du repreneur : l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise couvre les deux situations, et son intitulé le dit. France Travail, qui a succédé à Pôle emploi, instruit les deux demandes de la même manière. En franchise, la nuance reste pourtant réelle. Les candidats qui créent leur point de vente partent d'un local nu, d'un stock à constituer et d'une clientèle à gagner ; ceux qui reprennent une affaire déjà exploitée achètent un fonds, un chiffre d'affaires connu et parfois un contrat de franchise en cours, qu'il faut faire agréer par le franchiseur avant toute reprise. Un repreneur présente donc souvent un dossier plus lisible devant sa banque, ce qui lui est favorable au moment de discuter l'offre de prêt.
Dans les deux cas, le bénéfice de l'ARCE s'obtient de la même façon et le montant se calcule sur le même reliquat de droits. L'article du règlement d'assurance chômage qui prévoit cette aide ne réserve aucun régime particulier au commerce de détail, à la restauration ou aux services à la personne : c'est le niveau d'apport exigé et les compétences attendues qui changent d'un réseau à l'autre, pas l'aide elle-même. Un salarié qui quitte son poste par rupture conventionnelle et s'inscrit comme demandeur d'emploi ouvre les mêmes droits qu'un chômeur de longue durée, dès lors que la rupture de son contrat de travail ouvre droit à l'indemnisation. Un exemple revient souvent en salon : deux franchisés d'une même enseigne, l'un qui crée son entreprise, l'autre qui a repris celle d'un confrère, perçoivent des montants sans rapport entre eux, parce que leur expérience professionnelle et leur indemnisation chômage n'étaient pas les mêmes.
Ce que l'on perd, ce que l'on garde
Opter pour le capital revient à renoncer à la validation de trimestres de retraite que le versement de l'ARE aurait continué d'assurer, et à la couverture attachée à la période d'indemnisation. C'est la limite la plus souvent sous estimée du dispositif, parce qu'elle ne se voit pas la première année. Le créateur proche de la fin de sa carrière a intérêt à la chiffrer avant d'arbitrer ; le trentenaire qui ouvre sa première franchise y attachera moins de poids.
Les droits ne disparaissent pas pour autant. Si l'activité cesse après le second versement, la part restante du reliquat, soit 40 % des droits restants à la date de création, peut être rétablie une fois l'activité non salariée définitivement arrêtée. Les allocations reprennent alors après un différé calculé sur ce qui a été versé au titre de la seconde partie de l'aide. Autrement dit, un franchisé dont l'exploitation s'arrête ne se retrouve pas sans filet, mais il attend avant que les paiements reprennent, et ce différé se prépare en trésorerie. Un conseiller peut le chiffrer à l'avance, sur demande.
Deux points complètent le tableau. L'ACRE, longtemps appelée ACCRE, allège les charges sociales de la première année et son effet se cumule avec l'ARCE : les deux se demandent donc ensemble. Et l'assurance de l'entreprise, multirisque professionnelle comme responsabilité civile, reste à la charge du franchisé dès l'ouverture, indépendamment de l'aide choisie. L'accompagnement du franchiseur porte sur les compétences métier et sur la formation, rarement sur ces arbitrages sociaux, que le candidat traite avec son conseiller et son expert comptable. Sur ce terrain, les étapes à franchir pour devenir franchisé et les démarches d'indemnisation avancent en parallèle.
Questions fréquentes sur l'ARCE en franchise
- Quelles aides pour la création d'entreprise en franchise ?
- L'ARCE et le maintien de l'ARE sont les deux modalités issues de l'assurance chômage. Elles se combinent avec l'ACRE pour l'exonération de charges, avec les prêts d'honneur des réseaux d'accompagnement et, selon le projet, avec des dispositifs régionaux. Le franchiseur n'accorde pas d'aide financière : il apporte la marque, la formation et le savoir faire.
- Peut-on toucher l'ARCE en micro entreprise ?
- Oui, la forme juridique n'est pas un critère d'attribution. Un auto entrepreneur qui remplit les conditions d'ARE et d'ACRE y accède comme une société. La franchise en micro entreprise reste toutefois limitée aux activités de services légères, la plupart des réseaux exigeant une structure plus solide.
- Que se passe-t-il si le point de vente ferme avant six mois ?
- Le second versement n'est pas dû, puisque la condition d'activité non salariée poursuivie n'est pas remplie à la date anniversaire. Le bénéficiaire se réinscrit et demande le rétablissement de ses droits restants, France Travail réexaminant alors sa situation.
- L'ARCE est-elle cumulable avec l'allocation mensuelle ?
- Non, les deux modalités s'excluent pour un même droit. Le créateur choisit soit le capital, soit le cumul mensuel de son revenu d'activité avec une allocation réduite.
- Faut-il attendre l'accord avant de signer le contrat de franchise ?
- Rien ne l'impose, mais mieux vaut connaître le montant exact de son reliquat avant de s'engager, car ce chiffre pèse sur l'apport personnel annoncé au banquier et sur la capacité à financer le droit d'entrée.














